Adolescence : avis de tempête !

Photo de SHVETS production sur Pexels.com

L’adolescence est une période fantastique où tout semble possible mais également un moment où l’on se trouve dans l’oeil de l’ouragan. 

Pourquoi la crise d’adolescence est elle importante ?

Je sais, je sais… quel parent n’a pas rêvé d’un ado calme et docile ? Mais si vous êtes en train de lire cet article c’est probablement que ce n’est pas votre cas. Et dites vous que, malgré les difficultés ce n’est pas plus mal pour la future santé de votre enfants. Enfin toutes proportions gardées. 

Comme l’on verra dans cet article, dans un certain seuil, la crise d’adolescence est nécessaire à la construction psychique du futur adulte. 

Selon Juan Raul Nasio, psychiatre et psychanalyste, le conflit que vit l’ado peut être apparenté à une Hystérie normale qui permettra à l’ado de faire le deuil de son enfance pour aborder l’âge adulte avec sérénité et confiance. Qui dit deuil dit souffrance. Effectivement l’adolescent est un être en souffrance. Je sais qu’on ne le dirait par forcement par son attitude mais c’est le cas. L’adolescent est en proie à des sentiments contradictoires à l’égard de lui même et de ceux dont il dépend. D’un coté il se montre sur de lui, provocateur, irritable, agressif. Il manifeste un ressentiment envers ses parents et une hypersensibilité à la moindre contrariété. 

En fait son moi est en construction, il n’est pas encore assuré, el d’adolescent le ressent plus faible de ce qu’il est. D’un autre coté, il le chérit plus que tout au monde, la narcissisme des adolescents n’est plus a prouver… Donc toute atteinte contre son moi (atteinte ressentie, par forcement effective) sera contrée avec virulence. 

L’adolescent susceptible et révolté, craint plus que tout au monde d’être humilié ou servile. Humilié de ne pas se montré fort avec ses pairs; et servile envers ses parents. Il est facile donc d’imaginer pourquoi braver les interdits parentaux semble être une fin en soi pour les adolescents.

Si à cela on ajoute le fait que, à cet âge, selon le Dr Daniel Siegel, le cerveau de l’ado n’a que très peu conscience du danger cela peut très vite dégénérer. 

Quels sont les risques à l’adolescence ?

Comme nous l’avons dit l’adolescent est un être en souffrance mais il n’en a pas forcement conscience. La souffrance peut être modéré dans ce cas nous sommes face à ce que le Dr Nasio appelle l’hystérie de croissance qui se manifeste par de l’angoisse, de la tristesse, de la révolte. Elle concerne a plupart des adolescents et elle se ressort d’elle même  dans la plupart des cas.

Ensuite nous avons les adolescents ou la souffrance est intense. Le jeune ne la ressens pas forcement et s’il le fait c’est de manière diffuse. Il n’arrive pas à verbaliser la gravité de sa situation. Ici les comportements devient plus dangereux pour lui et pour les autres. Il peut s’agir de dépression, d’isolement, de poly-addiction (tabac, cannabis, alcool) ou addiction aux drogues dures, des troubles du comportement alimentaire, ainsi que de décrochage scolaire, fugues et délinquance, ainsi que des tentatives de suicide. 

Dans ce deuxième cas de figure l’insécurité qui ressent l’adolescent a les mêmes racines que celle évoquée plus haut mais elle est ressentie de manière plus puissante. L’humiliation devient ainsi insoutenable et l’adolescent se lance ainsi dans des conduites irréfléchies et dangereuses. Il se vit comme un être inconsistant ce qui l’enrage. Cette colère peut être adressée vers l’extérieur par des actes de violence ou de prise de risque. Ou contre lui même attentant à son intégrité physique ou psychique. 

Dans cette situation il est essentiel de consulter au plus vite car l’adolescent ne pourra pas s’en sortir tout seul et il est réellement en danger car il se met lui même en danger. 

Les écrans à l’adolescence ?

Question épineuse… Les réseaux sociaux et les jeux font partie des interaction normales des adolescents. C’est le monde d’aujourd’hui. Leurs interdire le téléphone de manière draconienne ne ferait qu’augmenter l’hostilité de votre ado car il se sentirait humilié face à ses paires. Il bravera avec plus d’ardeur l’interdit. 

Mais vous l’avez compris il y a un revers de la médaille. Effectivement que ce soit les réseaux social ou les jeux en ligne représentent un danger d’addiction. Et les adolescents, de par leur fragilité et leur souffrance sont des sujets qui peuvent tomber dans une addiction comme nous l’avons vu plus haut. 

Quoi faire alors ? Je dirais que l’idéal est de le responsabiliser et de, en même temps, rester extrêmement vigilant quant à l’usage et le temps passé. Si votre adolescent se renferme dans sa chambre à jouer aux jeux vidéos réduit sensiblement ses interactions sociales n’hésitez pas à consulter sans tarder. 

Que faire si votre adolescent ne veux pas consulter ?

C’est une question qui arrive plus souvent qu’il n’y parait. Il est, de fait impossible d’obliger quelqu’un, quelque soit son âge, à consulter. 

Je dirais qu’un thérapeute habitué des adolescents saura vous accompagner dans ces cas là. Parfois l’accompagnement du parent peut être bénéfique pour les deux, l’ado et le/s parent/s. Mais si votre adolescent est en danger n’hissez pas à faire appel à un médecin sui pourra mettre en place un protocole d’urgence.

Quand se fini l’adolescence ?

D’un point de vue légale à 18 ans. Mais au vu de ce que nous avons dit plus haut vous comprendrez que cela n’est que purement administratif. 

Un jeune qui est en souffrance modérée, même si il peut avoir besoin d’avoir recours à un soutien psychologique pendant son adolescence ou les premiers temps de son âge adulte. Sortir peut à petit de cette période de transition. Il apprendre à aimer l’enfant qu’il a été et celui-ci vivra en lui lui procurerait un source inépuisable d’énergie. Pour le jeune en souffrance intense, s’ils sont accompagnés, ils pourront également accomplir avec succès cette transformation même si elle a été plus douloureuse. Le travail qu’il/elle aura fait pourra lui permettre de mieux se connaitre et d’aborder les défis de la vie plus sereinement.

En ce qui concerne les parents je dirait que les mots clés à retenir sont : patience, car il faut en avoir beaucoup et vigilance car sous cette l’apparence de suffisance des ados il y a une réelle souffrance qu’il ne faut pas négliger.

Lectures recommandées :

  • Le cerveau de votre ado, Dr Daniel Siegel, Les arènes, Paris 2013
  • Comment agir avec un adolescent en crise, J.-D. Nasio, Petite bibliothèque Payot, Paris 2013.

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